Le carcan administratif créé par les critères d’imputabilité au budget formation de l’entreprise, finit par occulter une question essentielle : dans quel objectif l’entreprise finance-t-elle la formation professionnelle continue et sous quelle forme souhaite-t-elle le faire ? L’efficacité de la formation passe par un retour à ces fondamentaux, rappelle Sandra Enlart (1), auditée par le Collectif des présidents pour l’amélioration de la formation professionnelle le 24 avril.
IDEES - La formation dans la société
Le carcan administratif créé par les critères d’imputabilité au budget formation de l’entreprise, finit par occulter une question essentielle : dans quel objectif l’entreprise finance-t-elle la formation professionnelle continue et sous quelle forme souhaite-t-elle le faire ? L’efficacité de la formation passe par un retour à ces fondamentaux, rappelle Sandra Enlart (1), auditée par le Collectif des présidents pour l’amélioration de la formation professionnelle le 24 avril.
Une trentaine d’associations se sont réunies au sein du Collectif des présidents pour l’amélioration de la formation professionnelle. Objectif : porter la parole de la société auprès du gouvernement et participer au dialogue social préalable aux prochaines réformes, avec l’éclairage de nombreux experts. « La formation professionnelle a un rôle fondamental à jouer dans l’accès à l’emploi et à la croissance, à condition qu’elle soit moins inégalitaire et discriminante, » rappelle Éric Charbonnier (OCDE), en ouvrant ce cycle de débats.
Autoformation n’a jamais signifié « solo-formation », tout comme le compte individuel de formation n’a pas vocation à laisser les individus, seuls, face à leurs droits. Quelles voies ouvre la formation professionnelle aujourd’hui aux adultes pour devenir « auteurs » de leur projet professionnel ? C’est le débat qu’a nourri Philippe Carré, professeur en sciences de l’éducation (Paris Ouest Nanterre-La Défense), à l’Université ouverte des compétences, le 19 mars dernier.
On mesure mal encore à quel point les outils de communication numérique vont bouleverser le travail et les organisations, estiment Sandra Enlart et Olivier Charbonnier : « Il n’y aura sans pas de "grand soir" où tout à coup seuls les digital natives survivraient (…) Il y aura surtout de plus en plus de "petits matins" pas tout à fait comme avant et qui progressivement rendront obsolètes, décalées, ridicules les situations professionnelles proposées par les entreprises qui n’auront pas su penser le travail autrement. »
« Plus le maître enseigne, moins l’élève apprend », observait le philosophe Comenius au XVIe siècle. Ce précepte trouve aujourd’hui des prolongements dans le modèle d’apprentissage d’André Giordan.


