« Ce qui me préoccupe d’abord, c’est la situation des chômeurs de longue durée et ces freins périphériques à l’emploi (santé, logement, violence conjugale…) qui menacent de les désocialiser peu à peu. Nous devons nous associer à différents partenaires pour les prendre en charge » Ainsi s’exprimait Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, le 6 juillet, trois jours avant le lancement de la conférence sociale, lors d’une rencontre organisée par l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale).
« Faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin, ce projet est au cœur du plan Pôle emploi 2015, qui se finalise aujourd’hui, » poursuit son directeur général. Pour y parvenir, il pourra notamment s’appuyer sur les 2 000 postes en CDI, nouvellement créés, financés par l’État, et entièrement consacrés à l’accompagnement renforcé des demandeurs d’emploi. « Cela multiplie par huit, notre capacité d’intervention auprès des personnes les plus éloignées de l’emploi ».
« C’est au niveau local qu’il reviendra d’apprécier cette notion d’éloignement à l’emploi », précise-t-il. « Conseillers et managers auront davantage de marge pour adapter la mise en œuvre de l’offre de services aux spécificités de leurs territoires ».
En outre, afin de « passer d’un pilotage de moyens à un pilotage résultats », de nouveaux outils verront le jour, parmi lesquels un indicateur de calcul de retour à l’emploi : Ainsi, en 2014, le taux de sortie vers l’emploi durable 6 mois après le suivi d’une formation devra être de 53,6 %. A côté d’indicateurs de satisfaction des demandeurs d’emploi et des employeurs, c’est aussi « la pratique intellectuelle de Pôle emploi qui devra évoluer », annonce Jean Bassères, avec au programme, une « véritable politique d’évaluation et d’expérimentation ». Les quatre expérimentations lancées d’ici 2015 concerneront : les conseillers à la relation entreprises, la dématérialisation de l’entretien au 4e mois, les équipes spécialisées dans le contrôle de la recherche d’emploi et les services dédiés aux TPE.
Enfin, souligne, Jean Bassères, « améliorer la transparence du marché du travail en assurant un large degré de publicité des offres et des demandes d’emploi, est un des premiers facteurs de diminution des inégalités sociales ». Le directeur général de Pôle emploi entend mobiliser le service public de l’emploi sur cet objectif.
Et si la formation des demandeurs d’emploi reste l’un des moyens les plus sûrs pour les ramener sur le marché du travail, celle des agents de Pôle emploi, de ses managers en particulier, est un autre « enjeu crucial » pour réussir cette lutte contre le chômage. Dans cette perspective, des plans de formation triennaux, révisés annuellement seront conclus pour répondre aux besoins des métiers et anticiper les besoins en compétences. « la réalisation de 5 250 000 heures de formation sur la durée du plan sera garantie. »
Chantal Attané.


